Γ… comme Giorgios (Γιώργος)

1er Cimetière d'AthènesLe Γ (majuscule) ou γ (minuscule), gamma, est ma bête noire en prononciation car, notamment devant les voyelles, le son est entre le g dur et le r.. Essayez pour voir… Personnellement, je n’ai toujours pas compris comment mon larynx peut fabriquer ce son et j’ai donc décidé que cela ferait partie du charme de mon accent français.

Pour la petite histoire, le gamma dérive de la lettre « gaml » de l’alphabet phénicien qui, à la manière des hiéroglyphes et aux 11e siècle av. JC, représentait, je vous le donne en mille, le chameau, un signe pour moi, l’exilée du désert dubaiote !  Alors forcément, je l’aime cette petite lettre et puis c’est l’initiale du prénom peut-être le plus courant en Grèce,  o Γιώργος ou Giorgios (Georges quoi !) qui tire son origine du mot en grec ancien Γεώργος (littéralement Georgios), celui qui travaille la terre, encore une signification qui plaît bien à ma fibre d’agronome. 

À ce sujet, il existe une plaisanterie qui dit que le jour de la Saint-Georges (23 avril), la moitié des grecs célèbrent leur fête. En effet, ici, en Grèce, souhaiter l’anniversaire (d’un adulte) est quasi-malpoli, histoire peut-être de ne pas plomber l’ambiance avec l’âge et le vieillissement. Tout ça ne me concerne évidemment pas puisque j’ai seulement 29 ans depuis quelques années déjà ! En revanche, sur le plan social, il est plus que conseillé de souhaiter sa fête à une personne. Vu que la dite fête est inscrite dans le calendrier, au moins il n’y a pas de risque de se tromper.  Georges de Lydda (ou Saint-Georges pour les chrétiens) est un saint très important en Grèce où il est considéré comme mégalomartyr qui, malgré les apparences, ne veut pas dire « saint qui a le Melon » mais littéralement Grand Martyr. C’est le saint patron de la chevalerie et il est généralement représenté terrassant un dragon, allégorie de la chrétienté triomphant sur le démon. Du fait de sa grande popularité dans la foi orthodoxe, c’est devenu un prénom courant au fil des siècles et, pour la grande histoire, c’est ainsi que furent nommés deux des sept rois qui ont régné sur la Grèce entre 1863 et 1973. Cette récurrence associée à la tradition toujours vivace aujourd’hui qui consiste à donner aux enfants le prénom de l’un de leurs grands-parents, fait que les « Giorgios » (o Γιώργος) sont  légions tout comme les « Kostas » ou les « Ioannis » chez les hommes ou « Maria » ou « Eleni » chez les femmes. AUtant vous dire qu’ici, mieux vaut également se rappeler du nom de famille des nouvelles rencontres !

 

Cet article a 2 commentaires

  1. Marie Doloré

    N’importe quoi, tout le monde sait que San Jordi (Saint Georges) a tuer le dragon à Montblanc, à 2h de Barcelone. Il n’y a pas de doute possible, ton « chameau gaml » est un megalomartyr Catalan…

    1. Expatographies

      Je me demande si le catalan ne ramènerait pas un peut trop sa fraise parce que par chez nous, le dragon serait lybien 😉

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